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LOUP VESPERI

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:08

avait toujours le mouchoir dans la boîte à souvenirs, y avait toujours les réminiscences qui s’élisent dans les gestes emprunts de violence en pensant au manque. Les poings envoyés dans le mur, les mains qui s’écorchent contre les faciès contraints. Y avait Gala partout, mais pas dans mes bras. Gala qui gravitait autour de ma planète sans amour, emplie de frusques nymphes partageant les draps hiémaux. Les silhouettes sans importance qui se dessinaient sous les couvertures, pour combler l’envie raidie. Corollaire de l’avortement relationnel, je la cherchais toujours là où elle n’était pas là. L’alcool soustrait, je me réveillais tous les matins mais ce n’était pas elle qui dormait dans mes bras. Puis, il y a eu une période où je m’en foutais, où elle n’occupait plus mes pensées pour me les froisser, me les triturer comme elle arrivait si bien à le faire même lorsque nous étions ensemble; ma vie recommençait à couler, insipide. Le petit fleuve de pensée qui se jetait dans la mer du savoir-vivre. Il serait mensonger que de prétendre que je l’avais totalement mise de côté durant ces quelques temps, ne serait-ce pas là un meurtre que de prétendre que l’on oublie totalement une personne? Cela ne se peut; lorsque celle-ci a emprunté une partie de ton âme, elle ne peut pas partir définitivement avec. J’avais juste la mydriase de l’alcool ou des stups qui apparaissait bien trop souvent dans les iris perdues, plongeant mon regard dans une noirceur sans pareille, ainsi je portais bien mon surnom de loup dévoreur de sang et de vies. C’est là que je pensais mon père devin. (Souvent, dans les contes, le loup était représenté comme un personnage sans scrupules, il était vu comme un personnage cruel qui se nourrissait de proies faciles. Un prédateur qui pouvait s’attaquer à tout moment à un homme. N’ayant pas l’attention de mes parents étant jeunes car ils étaient trop occupés à se parquer de mensonges afin de monter une image de synthèse sur un bonheur mythique, je faisais toutes sortes de conneries afin d’attiser leurs attentions. Après diverses bêtises en tous genres, il avait fini par me surnommer «Le grand méchant Loup» (nb: prononcé en français), ne m’en déplaise à l’époque, j’avais fini par troquer mon véritable prénom pour ce pseudonyme qui m’a toujours suivi dès lors. Ce que je n’avais hélas pas compris à l’époque, c’était que cette phrase n’était qu’un miroir reflétant sa nature réelle, son essence même en tant que personne; il était encore pire que moi.) J’avais essouché le problème à la cime. Une fille qui n’était pas que de passage, cette fois. J’avais recommencé à apprécier une demoiselle autre que Gala. Grande première. Mais ne dit-on pas que l’on doit soigner le mal par le mal? J’étais la nuit avalant le soleil et ma nouvelle vie noctambule m’avait comblé, ainsi que cette jolie blonde. Mais. (Il y a toujours un mais dans les histoires.) Comme chaque chose, cela a touché à sa fin.
Je m’apercevais que personne ne pouvait véritablement la remplacer. Ou bien même l’égaler. La comédie avait assez duré. Repousser l’échéance et occulter la vérité avaient assez duré. Je me devais, pour une fois, d’assumer.

----

Le numéro était composé, les vagues de l’esprit presque teintées de regrets, l’air hésitant. Et si elle avait changé de numéro ? Non, elle ne l’aurait pas fait, pas tant que je ne l’avais pas rappelée. Étrangement, l’idée qu’elle puisse avoir tourné la page ne me heurta pas. J’étais persuadée qu’elle attendait. Je me demandais juste où le portable devait vibrer avec insistance. Où es-tu, Gala ? L’appel dura pendant presque six sonneries avant qu’une voix ne se manifeste enfin. Son timbre de voix un peu altéré à cause de la communication. « Allô? » il y avait un écho de silence qui s’abat contre les murs de la bâtisse. Une respiration à peine audible. Il n’y avait aucune réponse spontanée qui ne se faisait entendre. Pourtant, comme à l’accoutumée, je ne voulais pas montrer mes sentiments. Et encore moins à la personne concernée. Jamais elle ne saura à quel point son absence me brûlait les entrailles. Personne, d’ailleurs. C’était un secret bien gardé. Vous connaissez l’histoire de l’Égo, je suppose. « Ouais, c’est Loup. » avais-je dit d’une voix totalement neutre. Je ressentais presque les mots qui s’apprêtaient à marteler le combiné, je sentais presque la rage à je ne sais combien de milliers de kilomètres, une électricité résiduelle qui aurait pu paraître inquiétante. S’apprêtant à recevoir un flot de d’obscénités marmonnés contre son portable.

« Loup. Connais pas. Connais plus. »

« Qui d’autre ? » me moquais-je. Je ne relevais pas le fait que ce nom se soit effacé de ses souvenirs. Comment pourrais-je lui en vouloir de cette réaction? Cela faisait maintenant douze mois qui s’étaient écoulés, au cours desquels j’avais été trop lâche afin que cette scène se joue plus tôt. J’osais insinuer qu’elle devait s’attendre à cette intrusion brutale dans sa vie, après un délai obscène sans nouvelles. Elle avait relevé mon prénom d’un ton acide, malgré cette trivialité blessante que je m’efforçais d’avoir, je n’espérais pas l’avoir chaleureuse au bout du fil. Sans doute, n’espérais-je plus rien depuis bien trop longtemps. Elle me faisait part que maintenant, elle vivait à New York. Que maintenant, elle vivait au Parking. Elle se débrouillait pour me faire comprendre qu’elle était bien sans moi. Du blabla peu croyable, entre nous. Et après quelques paroles brèves échangées, il y avait peut-être une petite brèche qui s’ouvrait sur le myocarde blessé, (des tissus qui peinaient à se reconstruire.) L’hypothèse de la rejoindre qui me frappa comme un éclair, profitant d’une petite perche émise. « J’aimerai bien te retrouver. » À quoi sert d’avoir toujours le rôle du méchant Loup et d’en obtenir qui plus est, par la suite, des regrets ? « C’est ça, je sais que tu viendras jamais. J’peux toujours t’attendre, avait-elle soufflé. »
Beep, beep, beep. J’avais interrompu l’appel sans offrir de réponse. Elle m’avait déjà énervé avec son petit ton insolent de princesse écorchée.


----

Retrouver une froide nudité de ma vie, la présence fantasmée de la solitude et des objets ornant mon ombre. Les habitudes qui commencent peu à peu à prendre place, dans une vie bien rangée. Une vie fragilisée, tourmentée par bien des démons. Ectoplasme gravitant dans l'émotion, je me forgeais peu à peu à ce changement brutal de pays, accompagné du confident à plaie ouverte du vide qui ronge l'épigastre. Dans notre salon trônait un morceau de fresque peinte par les doigts de fée de Gala, fresque qui logeait toujours à mes côtés, comme pour me donner toujours ce goût d'elle, ce goût amer que j'avais quitté mais qui restait coincé au fond de la gorge. Cela faisait bien trois semaines que je vivais au Parking, je prenais soin pour l'instant de ne pas croiser ses jolis yeux, ses jolies fesses dans les couloirs, lui montrer que j'étais si vite arrivé, elle l'aurait pris comme une sorte de victoire. Je ne voulais pas la lui accorder, du moins pas pour le moment. La laisser mijoter, un peu plus, un peu moins, quelle différence? J'aurai de toute façon bientôt les crocs coincés dans son cou.
Je sortis faire des courses, juste dans le pâté de maison. Une supérette que j'aperçus au loin me semblait faire l'affaire. Il y avait les iris qui couraient entre toutes les denrées exposées, je voguais entre chaque rayon jusqu'à ce que je tombe sur elle. Elle empestait la douleur du passé et ravivait les braises logées au fond du cœur, d'ailleurs quelle ne fut pas mon étonnement face à la vitesse qu'il empruntait, lui que je croyais mort depuis toutes ces années. L'hésitation soudaine, quasi oppressante, démangeante au derme comme une plaie qui s'infecterait, j'aurai pu m'en aller discrètement et ne laisser que des empruntes ignorées, oubliées. Mais il y avait une partie de moi, presque féroce, qui ne voulait pas quitter les lieux, qui voulait contempler Gala comme autrefois, comme cette nuit-là, où je l'observais tapi dans l'ombre, des lumières provenant des réverbères qui mettaient en lumière la silhouette de la jeune femme que je ne pouvais m'empêcher de scruter chaque détails. Gala, elle n'avait pas changé. Je la remarquais occupée à subtiliser quelque chose, je connaissais sa nature voleuse, sa nature taggeuse, je la connaissais si bien qu'un petit rire sortit d'entre mes lèvres, peut-être un peu plus bruyant que je ne l'espérais, étant donné que son regard s'appuya sur ma personne revenue d'entre les oubliés. Coucou, je suis là, ma belle proie. Je m'avançai délicatement vers elle, les pas mesurés pour être discrets, il y avait quelques images brumeuses qui faisaient surface dans l'esprit, alors que je croyais celles-ci coulées dans l'océan de mes tourments, mais mes tourments se tenaient debout, là, devant moi. J'avais surtout envie de la plaquer contre un rayon, l'embrasser comme d'antan, la faire valser contre moi cette danse endiablée. Pourtant, c'était son poignet que j'attrapai, sans doute pour la gronder, lui demander si elle n'avait pas grandi. Pourtant, c'était un silence dans l'ombre qui stagnait dans l’atmosphère, mes phalanges enveloppant son poignet fin, son derme doux, sa peau qui m'avait manqué au toucher, les prunelles plongées dans les siennes. Ne dit-on pas que parfois les mots ne disaient pas tout?

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:08

Y avait même pas une once de bonheur dans les prunelles de Gala, de toute façon ce n’était qu’une idée utopique que les gens s’inventaient pour s’donner une excuse pour pleurer, parce qu'ils sont et resteront insatisfaits (pourtant je te jure, je pensais n’avoir besoin que de toi). Dans ses yeux sans fonds où l’on cherche des histoires, je ne trouvais plus la nôtre. C’était l’autopsie d’un désamour, c’était le vide néant d’un passé aux étoiles éteintes mais Gala, reviens-moi? Puis c’est vrai, je suis comme tous ces cons. J’reste dans le chemin des tristes (une tristesse anonyme), dans les sentiers battus. Puis quand j’étais dans l’aurore de l’amour partagé, j’ai tout fait pour m’barrer. C’est un ensemble qui vibre vide. Y a toujours eu qu’un fragile fil de soie entre Gala et moi, des rêves fatigués et des marches condamnées. Il est où le temps des étoiles dans les yeux et des papillons dans le ventre? « Bravo, tu voulais me contredire, tu l’as fait, t’es venu, maintenant tu peux repartir et retourner auprès de tes putes. » Toujours la même désinvolture, celle de l’enfant insolente qui veut tenir tête, qui veut avoir raison. La haine projète ses ombres moribondes aux quatre coins de mes corpulences, ce qui jaillit de la terre de mes pensées fut sans doute l’impression de déjà-vu, Gala qui balance son venin intransigeant, aiguisé comme des lames de rasoir. De l’électricité se chargeait dans l’atmosphère et même si l’orage menaçait de se pointer, j’gardais comme je pouvais le calme qui menaçait lui aussi d’éclater, surtout lorsqu’elle glissait de mes doigts encore (mais Gala, t’as maigri) et à peine en ayant le temps de réaliser, elle s’était évaporée dans des volutes d’incertitudes. Elle concentre en elle l’obscurité de l’abandon, l’abandon que j’ai moi-même connu autrefois, c’est moi qu’avais la flamme mais j’l’ai éteinte, ouais je sais c’est con. Y a le vendeur qui sort la tête de ses rayons, se demande un peu ce qu’il se passe, cette voix élevée trop haut, ces retrouvailles bien vite écourtées, non tu ne m’échapperas pas comme ça. Une fois de plus mis dans la peau de la bête qui poursuit sa proie, dans un soleil ensorcelé, le loup qui veut sortir les canines mais se résigne à juste pousser la lune contre le mur, délicatement quand même, juste pour ne pas la laisser s’échapper. J’reste là, comme un con, à contempler chaque détails de son faciès, qui hantait mes nuits, y a aucun mot qui sort, juste un regard appuyé de tout ce que j’avais manqué. J’cherche sans doute le jour qui viendra éclairer mon âme, juste d’une petite flamme, remettre le machine vieillotte en marche. Mais lui il pleure toujours l’océan, à s’noyer dedans, parce que y a rien de beau à l’intérieur, que de l’horreur, que du sale. Parfois le manque est bon, lorsque l’on sait qu’il sera comblé. Maintes et maintes fois, les courbures des femmes et leurs lèvres envoûtantes faisaient de leur effet mais jamais ce n’était Gala, ça pouvait être combler pour une nuit mais jamais pour la vie. « T’as raison Gala, j’suis venu ici pour mon ego. J’suis venu ici pour te prouver que je gagnais toujours. » (Mais ça ne t’a pas traversé l’esprit que si j’avais encore ton mouchoir après un an, c’est que j’en prenais soin? Tu ne t’es pas dit non plus que si j’avais sauté dans le premier avion, c’était parce qu'une brèche s’était ouverte pour venir te revoir?) Ces mots qui bourdonnaient dans le fin fond des entrailles mais qui n’arrivaient pas à faire irruption tel un volcan enflammé. « Et toi, t’as pas envie de le mettre de côté ton fichu ego pour me sortir enfin tout ce que t’as à me dire ? » (Bah non, c’est plus simple le rejet, l’indifférence et le refus d’être honnête envers soi-même. Avoue quand même que t’es heureuse, qu’tu salives même en repensant au contact de ma peau sur la tienne.) « Toujours la même gamine qui vole dans les magasins alors qu’elle a plus de sous sur son compte en banque que la moitié de la ville » Écrire diminue la fièvre de ressentir, qu’on m’avait déjà dit. Pourtant, là je savais au fond que rien ne pourrait m’ôter cette température étouffante. Le sang qui bouillonne juste à cause de son air assassin, qui m’reflète combien j’ai merdé et finalement l’acuité avec laquelle j’appuie encore ces ressentis qui pourtant me bouffent. Un jour, pourras-tu me pardonner ? (Un an que tu l’as pas vu et juste un déferlement débile qui s’était emparé de ta bouche. Crétin.)

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:09



je ne sais pas trop finalement si mon addiction à l’alcool se fait bien présente ou si c’est juste par ennui. en tout cas, le matin lorsque je me lève, l’urgence liquide se fait bien ressentir. serait-ce la lippe asséchée ou l’embarras de l’intestin. une séquelle incessamment renouvelée. je maîtrise mal, certes, le voyou qui sommeille en moi, qui n’attend qu’une chose, la pleine lune afin de prendre possession intégrante, de prendre vie (que l’ombre de l’âme, de l’épiderme, des prunelles à la flamme envoûtante prennent vie). le voyou s’impatiente trop en moi, qui ne se trouve bien nulle part (à part dans lové ses bras). je le comprends tout de même bien cet oiseau clochard qui vit en moi, coincé, attentif au vent, à la pluie, au beau temps. la lumière tombe sans répit. et moi je traîne mon ombre derrière (ou peut-être l’aurai-je égarée, Gala, tu veux bien la recoudre ?)
ce soir c’était l’éclipse totale sur notre planète, pas de rayon d’altercation à l’horizon, que l’aube de nos sentiments au levant. j’avais invité brandy au restaurant. sans doute n’y croyais-je pas moi-même de sa réponse positive, aussi, j’angoissais comme un gamin. comme si c’était notre premier rendez-vous, que la comète allait s’abattre sur le territoire loup pour la première fois, comme une grosse perturbation dans mon myocarde grisé, à peine rattaché à ses artères, aphélie de nos réminiscences passées, décousues.
j’avais opté pour la carte de l’élégance après maintes réflexions (décontracté? mais si je ne sortais pas le costume trois pièces peut-être qu’elle l’aurait mal pris, parce que c’aurait été de l’ordre du fast-food et ce n’était pas l’impression que je voulais donner mais si c’est trop élégant et qu’elle, elle préfère un endroit moins prisé, moins convoité de richesse et de sublime ?) et c’est là que l’envie irrépressible de boire un whisky avant de partir me prit aux tripes, d’une parce que ce n’était pas dans les habitudes de loup vesperi que de se'prendre autant la tête mais j’avais envie que Gala elle en rêve, qu’enfin elle décroche un sourire sincère sur ses jolies lippes que je voulais capturer, voir naître au fond de ses iris une étoile luisante, scintillante (Gala t’as envie d’être heureuse avec moi ?)
enfin prêt, je sors de l’appartement pour aller toquer chez l’être aimé. Gala qui se découpe mieux que les autres avec ses contours extraordinairement nets sur l’écran du monde. Gala, t’es tellement belle.

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:09

Au loin, le dos de Gala qui se dessine et seule sa nuque l’appelle, maintenant ce sont ses doigts qui viennent s’enrouler autour des siens, comme si deux continents étaient désireux que de se convoler. Il y aurait eu des fleurs sauvages, des fleurs rouges de l’amour, des roses épineuses qui craignent le néant à nouveau et de par ses épines, souhaitant pouvoir se raccrocher en cas de séisme sentimental. Y avait la fraîcheur veloutée vespérale qui s’épanouissait sur leur épiderme partiellement découvert, y avait Loup qui voulait obombrer l’ange de toutes menaces.
Saut dans le temps, saut dans l’espace, ou peut-être était-ce juste un saut dans le vide, un saut insensé qu’on aurait pu prédire mais que l’on préfère tenir au rang de simulacre, faudrait juste être des sots pour s’imaginer qu’en un claquement de doigts, la poussière du temps pourrait faire effet et brouiller les mauvais souvenirs. Pourtant ce soir, ils s’étaient promis qu’il y aurait la paix dans les paroles, qu’il y aurait la paix dans les couteaux qu’usent les prunelles délaissées. Une fracture du temps. Une pompe indocile qui appelait le plein pour remplir le vide. Autrefois, le sablier se renversait sur la table, il s’accompagnait de quelques lignées de Coke et il se remémorait qu’au final, rien n’avait changé : il était toujours le même, sur le divan intemporel, il avait toujours ses vingt-cinq ans et pourtant, les traits de son faciès ne renvoyait pas la même image, il en avait bien trente et la santé qui partait en fumée de toute cette drogue consommée à flots.
Le restaurant. Faire toujours semblant, sourire, donner un petit billet pour remercier la réservation rapide, ils avaient certainement dû rappeler un couple moins riche, qui attendait cette sortie depuis longtemps, qu’avaient même prévu la baby-sitter pour leur sortie-restaurant parce qu'il y a quatre mois, c’était leur anniversaire de mariage et qu’avec les marmots, ils n’avaient toujours pas trouvé de date qui pouvait leur convenir, à eux, aux mômes qui ne seraient pas malade, à la baby-sitter de quinze ans que l’père devait sûrement troncher pendant que la maman changeait le lange du dernier. Loup il fait parti du cliché, ne s’en cache pas, oh chéri un italien, j’aurai dû m’en douter, oui c’est sûrement parce que je n’avais pas envie de me prendre la tête mon amour, qu’j’avais juste envie de passer du temps en tête-à-tête comme un défi, est-ce qu’on parviendra à le remporter ? Il ne sait plus, surtout quand chérie s’absente et va aux toilettes, elle ce n’est sans doute pas pour se poudrer le nez avec de la C, juste avec du maquillage mais il l’aimait aussi pour ça, il voit la pochette, le téléphone qu’il pouvait extirper bien trop facilement, voyons voir si tu parles encore à Avery et que tu te fais encore baiser par Ugo ou Rika ou bien par les deux, tombe sur « L’Enfoiré » et rigole, rien à l’horizon, rien qui fait tache dans le paysage, elle revient, le serveur vient prendre la commande. « Que me conseillez-vous comme bon vin ? » Prend le plus cher, attend qu’il s’éloigne. Regarde Gala fixement comme si c’était la première fois qu’elle se tenait face à lui. « Alors, L’Enfoiré, c’est comme ça qu’tu parles de moi auprès de tes copines aussi j’présume ? » Petit sourire amusé, dans le fond ça ne lui fait rien, il sait très bien qui il est.

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:09

devant lui flottait une image, un spectre qu’il pensait factice, qu’il pensait avoir inventé. une sylphide de plus, une sirène aux cheveux de sable et à la voix envoûtante. pourtant, ce n’était qu’une éclipse dans la brèche qui s’était ouverte de ses souvenirs, quelque chose dont il n’était certain. que des effluves de parfum, le goût de sa peau encore sur ses lèvres. mais les saveurs se faisaient âpre et les données manquantes. il se sentait suspendu dans une infinité, juste en chute libre. peut-être qu’il se trompait. après tout, la réputation de loup vesperi n’était plus à faire, entre badboy, trafiquant de stup’, homme à femme et aimant à emmerdes, on avait le choix de piocher dans une belle étiquette. et loup finalement il s’en fout ce soir, il s’en fout d’elle, il s’en fout de ces drogués qui viennent juste lui adresser la parole que pour avoir leur dose journalière, leurs dragées magiques et leur bonheur éphémère, il s’en fout des sourires qu’on peut lui adresser et des sourires enjôleurs qu’on lui lance, des femmes qu’ont trop de confiance en elles, qui exposent leurs formes comme si c’étaient des œuvres d’art, loup il a juste envie de dégueuler, dégueuler tout ce mépris qui coulait dans ses veines, envenimait son sang qui ne faisait qu’un tour. il voulait juste être chez lui, avec mado, avec gala, avec l’une ou l’autre ou même les deux, il n’avait pas envie qu’on l’emmerde ce soir et pourtant, il sentait bien que la nervosité d’la blonde d'à côté ne provenait pas du fait qu’elle était stressée à l'idée d’commander son premier rail de coke. loup ça lui donnait des vertiges alors il commende deux verres, deux verres pour tenir encore quelques minutes dans ce foutoir qu’est son cœur, dans ce bordel dont les pièces du puzzle le composant sont éparpillées un peu partout. loup il abandonne une part de lui-même n’importe où, partout et peut-être même nulle part aussi, il ne sait pas trop. la musique du club qui vrille dans ses oreilles en faisant saigner ses tympans à force d’être toujours posté sur le même tabouret soirée après soirée. sa vie se résumait à cela depuis son arrivée au parking, à attendre. attendre gala, attendre le faux pas de mado, attendre les mauvaises nouvelles et les coups qui viennent avec. là, c’est sa main et ses doigts qu’étaient blessés mais parfois il en oubliait même qu’il avait un cœur. il vit en enfer et son âme est condamnée. condamnée à errer parmi des gens dont il se fiche, à profiter d’eux, leur pourrir la vie car c'est ce qu’il fait de mieux. la blonde qui ouvre sa bouche, loup qui voudrait lui dire de fermer sa gueule mais se force à faire bonne figure parce que c’est ça l’commerce, même celui d’pilules. sois commerçant et tais-toi. il lui adresse un sourire aussi faux que l’image qu’elle tente désespérément de renvoyer d’elle et omet totalement la possibilité qu’il puisse la connaître. choisir que non est un choix beaucoup plus simple pour lui. le loup l’avait laissé s’approcher mais qu’elle ne soit pas sans craindre, il a appris à mordre à sang. "oui, c'est moi. t'as besoin de quoi ?" il avait attendu que le barman prenne en charge des commandes avant de lui répondre puis il se contenta d’ajouter un sourire charmeur à sa question, certainement le même qu’il avait utilisé quelques mois plus tôt pour la mettre dans son lit.

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:10

C’était comme une petite fissure dans le carrelage. Loup toujours dans les extrêmes, toujours (trop) brillant dans la partie yin et (trop) sombre dans la partie yang, de ce fait, il poussait ses émotions à l’extrême en permanence et pourrait déplacer littéralement des montagnes sur son dos si Siobhan lui demandait mais pourrait également creuser sa tombe si elle le décevait. Il était comme ça, toujours animé de cette curieuse malsanité qui le piquait comme de l’acuponcture. Il n’en pouvait rien, le suicide de sa mère devant ses yeux d’enfant avait chamboulé son psychisme à tout jamais, même s’il faisait tout pour refouler quelques aspects de sa personnalité, il n’en restait pas moins perturbé pour cela. Il reprit conscience du monde autour d’eux lorsqu’il se fit bousculer par un homme qui ne prenait attention à personne sur son passage de furie. Il ne se doutait pas qu’elle serait si choquée face à la réservation d’hôtel qu’il avait effectuée. Quoi ? Ca ne te plait pas ? Qu’il s’était premièrement dit. Peut-être qu’il avait fait une boulette. C’est à ce moment-là qu’il se rendit compte qu’il en avait peut-être trop fait d’un coup. Déjà sa venue, ensuite l’hôtel à six cents euros la nuit. Mais l’argent, qu’était-ce par rapport au bonheur? Par rapport à la détente? Par rapport aux nuits qu’ils passeront ensemble lotis comme des rois? Il n’y voyait pas de mal. Il ne comprenait pas si ses rires, ses yeux aussi grands que ceux d’un enfant étonné et de ses gestes aussi gênés sortis tout droit d’un manga traduisait du négatif ou se résultait en positif. Il gratta quelques instants son menton en fronçant les sourcils. Juste besoin de repos. Et de confort. Avec toi. Bien que le confort qu’ils auraient dans ces lieux serait pour le moins superflu. On ne vivait qu’une fois, pas vrai ?

Lorsqu’ils prirent la route pour un taxi, il cala une cigarette qu’il pinça avec ses lèvres avant de l’allumer, en proposant une à Siobhan. Ils restèrent dans le silence quelques temps. Loup n’avait pas encore tout expliqué à Siobhan, notamment les quelques détails sur son compte en banque plein à craquer et il ne savait pas quel genre de réaction elle pourrait adopter lorsqu’il lui avouera qu’en fait, il n’avait nul besoin de vendre ces dragées enivrantes à toutes les âmes esseulées du Parking. Il n’en avait jamais eu besoin, en fait. Même lorsqu’il était ado et qu’il était cousin de l’asphalte, Loup avait déjà tout ce dont il avait besoin et même plus, étant donné que ses parents payaient leur absence en billet étant donné qu’ils passaient tout leur temps à travailler loin de leur fils. Ils s’installèrent dans le taxi et Sio reprit la conversation, peut-être le temps de digérer tout l’argent que Loup venait de dilapider pour son séjour. Ecoute, je n’ai pas payé ça en argent sale si cela peut te rassurer. J’ai des réserves sur mes comptes. Bien sûr, il en avait plusieurs. Il lui en restait même un en Italie. Il n’avait pas pris tout son cash à New York, il avait toujours besoin d’une quelconque sécurité, Loup. Si vraiment ça te pose problème Sio, j’peux toujours annuler et on peut se trouver un AirBNB de dernière minute. Y a pas de problème. Il avait lâché ces dernières phrases un peu plus sèchement puisque de base, il avait juste eu envie de lui faire plaisir. Et de se faire plaisir, bien entendu.

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:11

Saint-Valentin. Ces mots qui se coupent en lettres dans mon esprit et qui me font voir rouge. J’ai envie de voir Gala. Putain, je vais en avoir pour deux semaines à émousser les angles de ces mots sortis du tréfonds de mes envies. J’en ai marre de la faire souffrir mais les remords essorent mes tripes, je n’suis qu’une crapule, c’est comme ça. Elle a sûrement raison, je fuis lorsque le bonheur s’offre à moi sur une coupole en or, mais il y a des colères qui nous emportent si loin qu’on ne se ressemble plus. Y a des océans qui submergent mais qui font pire que noyer, ils effacent. Y a plus que des ombres (une silhouette sombre plus ou moins déformée) dont le trop plein dégueule tout le mal. J’ai besoin d’un verre. Souvent, Gala me fait passer de l’autre côté de moi-même. Le côté où viennent ricaner mes imperfections. Et pourtant, j’essaye. J’essaye de panser les maux de son myocarde dysfonctionnel. Mais c’est en grattant l’écorchure un peu plus que je m’en tire. Je me mets à bondir du fauteuil où j’avais le fessier fourré, un verre de scotch à la main, la fresque de Brandy à l’horizon, en pleine énième contemplation. L’art qui a marqué au fer rouge mon amour, l’horloge martelait son boucan de cardiogramme. De l’usuel. De l’ordinaire. J’ai beau détourner le visage, Elle n’est pas là. Cette petite conne qui préfère sa rousse, cette petite conne qui a juste le don de me sortir de mes gonds pour sa satisfaction personnelle, pour se persuader que je suis toujours ce beau connard (sans doute n’a-t-elle pas tord, peu importe) mais aujourd’hui, je lui prouverai le contraire, même si cela part d’un acte égoïste: je veux ma propre satisfaction, je veux qu’elle cède, que je puisse à nouveau déployer mes yeux sur son corps que j’aimais tant toucher. Je veux qu’elle se sente conne de me repousser depuis mon retour. Mais je la connais, elle va tenter de guillotiner l’élan qui va me porter. À toquer à sa porte. À attendre qu’elle m’ouvre. À supporter ses médisances. À la supporter tout court.
J’me suis levé, j’ai posé ce fichu verre. Il est 13h. Nous sommes le 14. Je suis tendu comme un arc mais c’est décidé. Les images ternes crachotent un venin liquide. Un venin qui se répand lentement dans le sang et qui te fait parvenir des flashs d’antan. Un amour oublié, dissimulé sous les insultes. J’suis passé acheter des fleurs, pas de ces fleurs miteuses qu’on trouve partout. Des fleurs qui ressemblent plus à ma poète-tageuse. Puis y a quelques temps, en faisant les cartons de déménagement, j’avais retrouvé une photo. Je l’ai glissée délicatement dans le bouquet avant de regagner le Parking et ses murs miteux. 007. Ça me faisait étouffer un petit rire. Ça lui ressemblait bien, à Brandy.
Y a le contour de ses formes qui se découpent près du chambranle. Et rien que cette vision, les cheveux un tantinet ébouriffés, tire sur les commissures de mon humeur. J’avais envie de lui crier que l’acidité du temps s’égouttait, qu’on n’avait pas toute la vie pour jouer au chat et à la souris. Que j’disparaîtrais plus, si elle me revenait. Mais j’avais sûrement tord de penser telle chose, elle le savait pertinemment mieux que moi que je n’y arriverai jamais. J’aimerai, pourtant. Mais là tout ce à quoi je pense c’est la plaquer contre le mur, comme autrefois. Juste la posséder quelques minutes, comme avant. Je dépose mes lèvres sur le coin de sa bouche. J’utilise mon sourire le plus insolent, presque le plus énervant. ”Surprise mon ange. J’ai pensé que cela te ferait plaisir.” dis-je en lui offrant le bouquet de fleurs. Je forçai un peu l’entrée, parce que je n’avais pas envie d’attendre qu’elle m’invite et puis, je m’en branle de si Rika est là, ou non. À trois, ça peut être drôle aussi.

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:12

Gala elle est parfaite pour moi (surtout pas faite pour moi). En la voyant là, le faciès emprunt de tristesse, j’avais envie de la serrer contre moi. J’avais, moi aussi, besoin de cette étreinte chaleureuse. Cesser de me contenter du côté molletonné de mes vestes ou de mes gilets, en serrant les bras (en fermant les paupières et en imaginant que c’était Gala au creux de mes bras). Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige. (Baudelaire) Nos prunelles se percutèrent assassines dans un marasme indomptable. J’voyais bien que j’avais tissé en elle des toiles d’injures de rancune (peut-être d’haine ?) pourtant, j'essayais de souffler très fort sur les braises de notre amour, qu’on retrouve la flamme mais cela ne sert à rien, y a pas assez de combustible. « Toujours aussi polie, à ce que je vois. » Cela ne m’empêcha pas de rentrer, la petite poète-tagueuse qui vient se rasseoir dans le canapé. Les prunelles plantées dans le vide, avec le masque qu’elle s’était créé il y a quelques années, celui du je-m’en-foutisme puis parfois j’avais envie d’lui dire, que c’était n’importe quoi. Qu’elle transparaît ses sentiments Gala, qu’elle les criait presque dans son silence. Qu’elle ne pouvait tromper personne et surtout pas moi. « Des fleurs? J’sais pas réfléchis un peu, c’est p’t’être la St-Valentin aujourd’hui. Pourquoi, la rousse elle t’a rien dit? » J’en aurai presque attrapé ses petites joues pour la plaindre, comme les mémés. Sauf que je n’en suis pas une et qui plus est, j’m’en branle que Rika elle soit pas venue, tant mieux même, peut-être qu’elle ouvrira les yeux Gala, sur qui l’aime vraiment. Que ce n’est pas Ugo qui veut juste son cul ou Avery qui doit probablement souhaiter la même chose et Rika qui l’utilise comme passe-temps lorsqu’elle se fait chier. J’fais volte-face lorsque j’entrevois notre photo échouée parmi quelques rescapés de mégots dans l’océan des tourments. Je l’attrape du bout des doigts et je la fous sous le nez de Gala. « Oh c’est mignon, après tu joueras encore les grosses dures “je m’en fous nanani nanana”. » Dans ma tête, c’était une imitation parfaite. De toute façon aujourd’hui, ça m’amusait de l’emmerder Gala. Je n’ai pas envie de poésie ou de mots fantaisies, j’ai juste envie d’elle. C’est rare aussi qu’elle me laisse la voir alors je la mate avec mon air hautain même si mes iris se régalent. « Passe-moi une clope s’te plait, et tu sers pas à boire à tes invités ? »

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:12

Y a le passé qui s’fouillait les entrailles de cet amour en décomposition, comme le seront les fleurs qui flétriront avec le temps, comme toutes choses, tout touche à sa fin à un moment donné. Loup et Gala qui ne font que rapiécer, combler l’absence de cet an, rêver encore à ces deux ans. Loup et Gala qui ne font que jouer, s’envoient la balle chacun à leur tour dans un bruit d’effroi, ça l’glace, ça l’rend froid de tituber encore dans les labyrinthes d’leur planète, ne trouvant jamais la sortie, se heurte parfois dans des sentiers battus, dans des cul-de-sac, parfois y a des journées sans issus et ses pieds qui le traînent quand même pour rencontrer des mirages au goût de Gala, il se délave à la couleur grise du ciel qui menace d’éclater, qui menace de s’éventrer et que dans l’évasure naissante gronde le tonnerre qui par ses éclairs l’électrisera, il n’a pas de protection pour le ciel pas content, il a des comètes, ses étoiles mais même elles lui tournent le dos parce qu'elles savent tout, voient tout et elles savent que Loup c’est pas un gentil, qu’c’est un vieux gosse perdu dans les marécages de ses pensées et qu’il n’a plus pied, il a la silhouette chancelante et parfois il s’enfonce, il s’enfonce très loin dans les abîmes de son myocarde sanglant, c’est un tricoteur de rêve qu’il vend aux autres mais un mensonge pour lui-même, il s’renvoie des miroirs infinis qui ne comportent même plus d’image-mère, tout tombe à l’eau dans les océans déchaînés et lui, il reste là comme un con, attend que la nature se calme et l’épargne avec son rafiot désagrégé, il compte ses ecchymoses et rêve au cosmos, aux draps-voie lactée et aux signes de paix. Mais ce ne sont plus que des cendres et des poussières et dans ses prunelles y a même plus d’espoir.

Aujourd’hui Cupidon avec son carquois, ses flèches et son arc tirera sur ses proies enclines à devenir folles, folles d’amour. Mais jamais Loup ne deviendra cupide au point que de vouer sa vie à une relation, peut-être à une relation lubrique (…) mais s’il voulait de quelqu’un à ses côtés, ce quidam ne serait autre que Gala. Plus contemporain que cet angelot enfantin, il ne tirerait non pas avec des flèches mais tirerait de ses qualités que la Valentine appréciait il y a un an, tenterait de tirer les bonnes cartes et de sortir ses plus beaux atouts-cœur, ou ses plus beaux Jokers si l’occasion s’en présente. « Depuis quand tu accordes de l’importance à ce genre de trucs ? » Oups. Premier Joker en prévision ? « Je voulais simplement te faire plaisir et voir un peu ton magnifique minois. » Il sourit. Tout simplement. Elle le connaissait. Lorsqu’ils étaient ensemble il n’avait jamais redoublé d’effort pour lui en mettre plein les yeux, il ne lui offrait pas mile cadeaux, c’était à peine s’il s’en rappelait parfois –il avait toujours pensé que ce n'était qu’une fête commerciale parmi tant d’autres, il avait divers occasions à ce temps-là pour montrer à Gala qu’il l’aimait, avec la plus grande sincérité qu’il pouvait lui conférer mais maintenant, des occasions, il n’en avait plus. Alors utiliser cette fête à des moyens qui lui semblent cher ne le dérangeait pas, d’autant plus que c’était de sa nature, de manipuler pour arriver à ses fins.

Loup qui trouve la photo, Loup qui sourit à contrejour afin qu’elle ne puisse l’apercevoir, Loup qui la met sous les yeux de Gala, eh ouais, tu n’as pas eu le temps de la cacher celle-là. Loup content, Gala furieuse. Gala qui recrache la fumée de cigarette contre son visage, Loup qui rit et qui cesse de faire son immature, remet la photo à sa place. Gala qui provoqué Loup qui ne montre rien, enfermé dans sa cage thoracique les quelques envies passagères et attrape sa clope avant de fumer quelques barres mécaniquement pour penser à autre chose, affaiblir l’envie. « Ouais euh ouais, une bière ça m’ira. On n’change pas les bonnes vieilles habitudes, tu devrais le savoir Brandy. » Gala qui s’éclipse, son soleil qui s’éteint, Gala qui revient, se penche, lui offre ses courbes affriolantes, qu’il recherche tard le soir dans ses draps et qu’il ne trouve jamais, la taille qu’il a envie de maintenir entre ses doigts, le dos qu’il aimerait couvrir de baisers. Il serre la mâchoire, fort, Gala qui joue avec le feu, Gala qui ne perd rien pour attendre, Gala qui prendra cher le jour adéquat, Loup qui tente de cacher, boit quelques gorgées de sa bière hâtivement mais ne peut pas s’empêcher de souffler. « Tu l’fais exprès en fait ? »

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:13

Leeloo, elle traquait la chair fictionnelle afin d’échapper aux incertitudes fragmentées de la réalité. De cette manière, elle se coulait dans un monde stable ; invariablement rassurant. Elle avait tenté maintes fois de chercher dans les fatras de visages d’inconnus mille expressions qui échappaient à l’allemande. N’en résultait que leurs peurs enfouies et les prunelles vidées de ce sens de cet endroit sans espoir. De ce fait, avidement, elle rongeait les œuvres pour en tirer un supplément de vie qu’elle s’appropriait, qui s’imprégnait en sa personne pour faire d’elle ce qu’elle est. Ainsi, lorsqu’elle avait la chance de pouvoir trouver un bouquin ou une bande dessinée abandonné, elle décidait de l’adopter, sans se poser de question. Elle possédait un sens du détail couplé d’une peur panique de n’être qu’elle-même dans un temps défini, elle se mouvait dans son van et jouait des rôles lorsqu’elle se sentait seule. Et seule, elle l’était. Quelques rencontres de temps à autres mais pas de quoi l’occuper à temps plein. N’ayant pas de réel travail mis à part ses cours de danse classique au centre social, elle avait le temps de refluer des souvenirs qui s’apparentaient plus à des ersatz de sa jeunesse. Son visage souvent accroché à l’encre noire des ouvrages, le temps se tuait seul à ses côtés, en silence.
Ce n’était pas tant le regard appuyé que l’on lui vouait qui forçait son regard à changer de paysage, c’était plutôt l’aromate qui se propageait en sa direction, qui sentait la bonne herbe –et bien entendu, pas celle qui se trouvait sous son corps, mais bien celle que l’on fume. C’est à cet instant qu’elle prit conscience que la femme tatouée la guignait sans aucune gêne et elle parierait bien que cela faisait un long moment maintenant. Elle aurait très bien pu tenter de l’intimider en faisant de même, lancer un regard fixe qui ne se décrocherait pas mais c’est alors qu’elle remarqua ses mouvements de mains, qui se faisaient sans hâte, un crayon entre les doigts. Elle sentait la brise glacée se cogner contre ses côtes, ou alors était-ce peut-être la chaleur qui la gagnait, donnant une lutte acharnée avec l’irritement. Quoi qu’il en soit, elle se leva furibonde, une lionne qui avait aperçu sa prochaine fois, tandis que les jolis de traits de son visage se crispèrent, laissant place à des attributs de sorcière. Elle ne savait pas au fond d’elle-même ce qui la gênait derrière le fait que l’on semble la dessiner mais Leeloo l’était quand même. Elle se dit que la moindre des choses aurait été que l’inconnue lui demande la permission, auquel cas elle aurait donné son assentiment. Elle s’approcha d’elle à grandes enjambées, la furie et avant d’entrouvrir les lèvres, elle se pencha face au croquis et une peur non dissimulée se déposa sur son faciès. Mais, quoi ?! « Mais ça ne va pas, vous êtes folle ? D’une vous me dessinez et de deux… J’ai l’air si morte que ça ?! »
Leeloo savait pertinemment qu’elle ne ferait peur à personne, même les araignées riaient lorsqu’elle les menaçait (dans tous les cas elle n’était même pas capable de leur faire du mal) et se trouvait mal à l’aise que de se montrer sous un jour qui ne lui ressemblait pas mais aujourd’hui, ses vieux démons la guettaient alors lorsque l’on n’est pas tout à fait dans son assiette, on est vite irritable. Elle ne remarqua même pas la beauté de la jeune femme juste en face d’elle de prime abord. Puis Leeloo elle se mord la lippe, déjà désolée que de lui avoir parler de la sorte. De plus, son accent germanique n’arrangeait pas l’agressivité qui avait émané de ses propos.

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:13

Le vent qui faisait danser les cheveux ondulés de Leeloo, le vent qui l’emplissait de rage et le rayon de soleil qui la rendait plus sereine. Ce n’était pas son genre à l’allemande d’être sur la défensive habituellement, elle était plutôt du genre pacifiste la petite. Il y a juste des jours où ça monte plus vite, des jours où elle irritait comme un papier ponce. Elle est assez habile pour se calmer rapidement, c’est ce qu’elle fit, jugeant son attitude exagérée alors qu’à elle aussi, ça lui arrivait de croquer les linéaments d’un joli faciès qu’elle croisait. Mais elle avait l’agilité féline, elle était un peu sauvage la gamine de l’asphalte, elle ne connaissait que le Bronx des rues. Elle griffait parfois mais n’appréciait pas crier. Elle ronronnait souvent et n’appréciait pas la colère. Elle n’avait simplement pas de confiance en elle, alors croire que l’on veuille la mettre sur papier, elle avait du mal à y croire. Surtout en vue de sa stupeur lorsqu’elle posa ses prunelles céruléennes sur sa face moribonde. C’était une certitude, elle n’avait pas apprécié cela de prime abord. Presque devenue concrète sous ses doigts fermement agrippés au carnet que lui tendait l’inconnue au regard fou. Glacials que les mots que Leeloo lui avaient offert brûlant dans le regard de la flamme qui commençait à s’éteindre. Ravissement finalement inégalable que la vue de la beauté que lui montrait le faciès de la prise en flag. La brune qui s’était levée d’un bond, les nuages noircis qui commençaient à s’installer dans les cieux, menaçant de craquer. Le soleil qui se range, ayant rempli sa part dans la journée. Leeloo qui pousse un long soupir qui provenant du profond des entrailles. La brune qui tente une blague, en vain. Elle n’en rit pas de suite, essaie de se secouer intérieurement, puis ne put s’empêcher de laisser s’étirer la commissure de ses lèvres. Vous savez, un peu comme ces moues boudeuses qui résistent autant qu’elles le peuvent de rire face à une blague. Elle trouvait qu’elle se défendait bien la tatouée, elle aurait presque pu, en plus de la faire sourire, la faire s’empourprer les joues enfantines. « C’est très gentil de me dire ça, enfin… Tu sais… Tu es plutôt belle, toi aussi… Puis tu peux le garder si cela te fait plaisir» C’était rare que l’on lui fasse un compliment, même si dans ce cas il était quelque peu déguisé. Même si l’instant d’après, elle appuya ses dires, et le compliment ôta son voile, se dévoilant. Puis, presque avec hâte, Leeloo dépose ses lèvres sur la joue de l’inconnue, comme remerciements. Elle ne sait jamais comment dire ces choses-là, alors parfois elle se contente de le faire par des gestes, ce qu’elle trouve d’autant plus sincère « J’peux m’asseoir ? » dit-elle en montrant du doigt le banc où elle avait précédemment pris place. Elle zieuta par la même occasion sa propre main, où elle remarqua que sous ses ongles s’était logé de la crasse, ce qui la fit s’empresser de laisser son bras se reloger le long de son corps. Leeloo, elle n’aime pas montrer qu’elle est pauvre, elle n’aime pas montrer qu’elle est sale. « J’m'appelle Leeloo, au fait. »

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:14

Parfois, Leeloo se sentait comme un mot étranger jeté dans une langue. L’enfant allemand jeté dans la gueule de ces crétins américains. Les loups qu’elle ne comprenait pas, la meute dans laquelle elle ne parvenait pas à s’immiscer. Elle était souvent de trop, ne trouvait pas sa place. Elle n’était qu’une bordure, un relief dans ce paysage qui pour elle sonnait trop faux, reconstitué avec un pêle-mêle d’images retouchées mais qui s’accommodaient du mensonge parce que les fils de la vérité s’étaient effrités avec le nombre de trahisons commises. Elle jetait des gestes dans l’image dépourvue de contraste, qui n’affichait que le vide, minime représentation des débris gisant sur le modelé de sa vie. La tempête qui passait et ne laissait que de piètres morceaux qu’elle contemplait, les membres lourds de fatigue et la pluie incrustée dans ses oreillers (ou était-ce ses larmes qu’elle s’empêchait d’évacuer à découvert ?) De ses postures, l’enfant-cygne dégageait autant d’émoi que de splendeur, et le vide dans l’air, elle le remplissait de ses courbures qui trahissaient ses sentiments qu’elle pensait enterrer profondément. Ils s’échappent de ses entrailles pour se matérialiser dans les mouvements infaillibles qu’elle offrait à ses élèves, et s’il y avait sur cette terre des personnes qui la connaissaient parfaitement sans même qu’ils ne le sachent au fond, c’est bien eux. Parce que jusqu’à là, ce qu’elle montre, ce n’est même pas la moitié des mots qu’elle ose offrir à ses proches. Et malgré cela, elle avait du mal à se connaître elle-même. À savoir ce qui faisait chavirer son cœur, régaler ses sens. Elle perdait ses aptitudes en parallèle aux kilos qui s’envolaient sur la balance, en mettait de côté ses paroles justes en parallèle du manque de sommeil s’accumulant et laissait traîner son bon sens dans les fonds de bouteille qui jonchaient le sol de son van. Elle s’était promis de ne plus jamais toucher à une goutte d’alcool mais l’enfant-solitaire privée de ses racines ne ressemblait plus qu’à un arbre étendu sur le sol, qui se déracinerait lentement à cause d’une tempête violente qui l’aurait mise à terre. Alors ses connexions avec le sol qui s’éteignaient à force des jours qui passaient, l’éloignant fortement de la vie, ne faisaient que l’entraîner vers une chute vertigineuse qui lui ôtait toute motivation. Elle en oubliait même ses précieux élèves et la danse pour laquelle elle vouait tant de temps, elle ne gribouillait plus que des dessins noirs sur des feuilles vides, aussi vidées qu’elle ne l’était présentement. Seule la musique lui apportait un peu de réconfort dans son monde qu’elle avait pris soin de noircir elle-même de son crayon le plus gras, elle la forçait à encore relever un minimum la tête.
Cela faisait longtemps qu’elle n’était plus parvenue à clore les yeux sans faire des cauchemars oppressants, qui la forçait à se réveiller le dos trempé et les doigts fermement agrippé au plaid lui servant de couverture. La bouche entrouverte, laissant s’échapper des vapeurs d’alcool bues la veille, elle ne se rendait pas compte qu’elle avait besoin d’aide, Leeloo. Que quelqu’un lui tende la main et qu’il lui dise que c’est une chouette gamine, qu’elle est jolie et qu’elle a du potentiel. Parce que ce sont des notions qui se sont effacées de son esprit. Parce qu'elle en a presque oublié qu’elle avait de l’or entre les mains et un cœur qui pourrait en réchauffer plus d’un. Au lieu de cela, elle s’était enfermée dans un désespoir innommable qui ne devrait pas pouvoir exister et prendre une telle forme dans son existence. Elle était loin d’imaginer qu’il ne lui manquait que de l’amour, un amour sincère qui la porterait sur des nuages en coton et dans un rêve bleu (manquera que le tapis volant et le génie de la lampe). La femme-fantôme qui n’apparaissait que peu hors de son royaume épineux fut forcée que de se confronter un temps soit peu à la réalité : une voix qui lui semblait si lointaine du rêve dans lequel elle était perdue, l’emmenait tout doucement vers le réveil. Encore un jour qu’elle croyait perdu, encore un jour qu’elle croyait inutile. La même bande qui se rejoue jour après jour, dont elle commençait néanmoins fortement à se lasser mais qui menace de brûler le projecteur avec elle si on tentait une quelconque destruction, pour tenter quelque chose de nouveau. C’était un terrain miné sur lequel l’inconnue tentait de marcher (peut-être que Leeloo aurait dû écrire en gros « je ne suis personne, foutez le camp » pour qu’on lui fiche la paix). Tout va bien mademoiselle ? Vous avez besoin d’aide ? Ces deux phrases qui raisonnent inlassablement dans l’atmosphère, la chargeant quelque peu d’électricité à l’intérieur du mobil home, elle avait cessé de compter les jours depuis qu’elle n’avait plus pointé le bout de son nez dehors alors Amabilité ne serait sans doute pas là pour lui donner la main mais Méfiance et Éreintée étaient de très bonnes copines qui la lâchait rarement. D’un geste brusque, elle dégagea le substitut de couverture de son corps partiellement habillé. Elle enfila un tee-shirt avant d’agripper la porte et l’ouvrir sans délicatesse. La lumière qui lui agressa l’iris, elle clôt ses yeux quelques instants avant de les rouvrir avec délicatesse le temps qu’ils se déshabituent de la noirceur de son âme et lâche d’un ton sec: Ça vous prend souvent de réveiller les gens chez eux lorsqu’ils dorment ? La porte maintenant ouverte derrière elle, laisse à l’inconnue la chance de pouvoir entrevoir son fouillis de monde, ce qui lui sert de dortoir et accessoirement de destruction lente. Le ventre presque grognant, elle venait à peine de se rendre compte qu’elle avait offert à l’inconnue quelque chose qu’elle n’offrait pas souvent : la vérité sur l’endroit où elle vivait. Si je suis stationnée juste devant là où vous vivez et que j’obstrue la magnifique vue de votre fenêtre, vous auriez pu juste laisser un mot sur le pare-brise. Leeloo s’apprêtait à refermer la porte et sans doute aller se recoucher. Mais par un petit quelque chose, qui lui semblait encore inconnu, elle se retint avant de finir son geste. Ne serait-ce pas les ondes qui émanait de son corps qui lui fit cet effet?

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Message par Admin le Dim 6 Aoû - 15:14

Dans les yeux sombres c'est un avenir qui se dessine. Le jour voyait naître sur son épiderme des arabesques incandescents et des labyrinthes où résonne une même mélodie. Elle papillonna des cils quelques instants, afin que ses prunelles céruléennes puissent s’adapter à la lumière. Elle qui était une ombre si marquée, elle ne pouvait être que dérangée par une nitescence aussi accrue. Elle entendait le souffle de la compassion dans le timbre de sa voix, comme en écho à sa désespérance. Ça frissonnait entre les feuilles du vieux figuier qui devait être aussi éreintée que l’allemande. Le souffle imprégné de déstabilisation se perdit dans un silence qui deviendrait vite pesant. Palpite au bout de ses doigts des crépitements électriques. Arrivent jusqu’à sa gorge avant qu’elle ne s’enfle. (Ce n’est pas comme ça que tu te feras des amis, idiote.) Un bourdonnement de mots continus se mettent à marteler son crâne ; sans oublier toutes les peurs, toutes les craintes qui naissent dans le fond de son estomac. La peur de se montrer telle qu’elle est, mise à nu. Endéans sa nature enfant du soleil, elle n’en restait pas moins l’enfant chargé de tristesse livré à son propre sort. C’est souvent qu’elle vacille, attirée par le vide du précipice. Des vagues de sons la bousculent, l’arrachent à ses repères et la propulsent dans ce qu’elle appelle le temps figé de la mémoire. Après, elle s’étonne que l’on prenne peur d’elle mais avec ses réactions démesurées et ses cheveux hirsutes telle une féline âpre, elle n’offre pas la meilleure version d’elle-même. Elle ne voulait pas être mise de côté, être fuie comme la peste. Leeloo avait pourtant la douceur de l’enfance, de la soie au toucher. L’inconnue s’enquit de son état et ce, même après sa véhémence ostentatoire et c’est une joie teintée d’une douce ivresse qui inonde son esprit grisé. Leeloo ou les émotions bipolaires, qui vacillent d’un pôle à son contraire en quelques claquements de doigts. « Je m’excuse ma réaction était… La danseuse contraint son esprit a retrouvé le mot qu’elle jugeait être le plus adapté en anglais, seulement, elle n’y parvenait pas. übermäßigen ? » Elle grimace quelque peu, ayant utilisé un ton interrogatif, ne sachant pas si son interlocutrice comprenait sa langue natale. « Je n’en ai pas… enfin, comme vous le voyez, c'est chez moi cette camion. » Leeloo qui n’avait pas une maitrise parfaite de la langue des américains, elle répondait comme elle le pouvait de ses pensées qui naissaient en allemand. Des problèmes? Elle en avait. Dans le cadre présent? Pas tellement. C’était juste l’accoutumée, l’horrible routine qui avait posé ses valises depuis (trop) longtemps maintenant. Pourtant Leeloo elle a des rêves plein la tête (et peut-être des petites galaxies qui gravitent aussi), elle aimerait au fond plonger ses doigts dans les constellations pour remettre des étoiles dans ses prunelles brisées. Afin qu’elles brillent à nouveau, que l’abîme soit enfin empli d’un quelque chose. D’un quelque chose de vivant?
Tombe sa proposition sybilline. Pourquoi cette inconnue, après lui avoir parlé presque grossièrement, proposerait à une pauvre de partager un repas avec elle dans sa jolie maison (qu’elle imaginait) ? Elle avait de la crasse sous les ongles et sa peau blême ne l’était pas tant que ça, plutôt parcemée d’éphélides. Elle n’avait pas non plus la fragrance de ces mademoiselles. Ne résidait qu’un simulacre dans ses vêtements qu’elle récupérait par-ci par-là, qui étaient presque trop bien pour elle. Elle se serait bien contenté d’un refus abrupt. Un claquement de porte sourd. Une réponse négative enfuie dans l’air. Ça aurait été la fin d’une rencontre qu’elle n’attendait pas. Mais pourquoi pas bousculer un peu l’équilibre ? (Un peu comme une pierre que l’on aurait chauffée. Elle se serait refroidie pour regagner la température ambiante. Pour casser le déséquilibre entre sa température et celle de l’extérieur. L’humain n’est pas comme ça. Il se laisse aller qu’à l’unique moment de son repos éternel. Il s’abandonne.) Perpétuer les déséquilibres dans la vie. Alors que Leeloo se contentait d’être un chérubin du ciel. Profondément ancré dans ses peurs. N’a plus de doudou, que des couvertures pour étouffer ses pleurs aliénés lorsque dehors la nuit fait rage. Se laisser aller vers un différent. Une évasure dans un quotidien étouffant dont elle n’est même pas heureuse. Aussi, elle comprend que l’inconnue ne fait pas cela pour pitié. (Le fait-elle pour elle-même? Ça lui effleure l’esprit.) Sa conscience la poussait également, peut-être pour se rattraper de ce qu’elle avait pu lui offrir d’elle. Lui montrer qu’elle n’était pas juste un animal apeuré qui sort les crocs pour se défendre. Se défendre de quoi, d’abord? D’un univers hostile et sans pitié où il est maintenant rare que la notion “se serrer les coudes” existent. Elle fit un signe de main comme pour indiquer que l’inconnue pouvait cesser ses justifications quant à son invitation. « C’est très gentil de votre part et je ne vais pas cacher que j’ai faim. » Elle affichait maintenant un sourire, qui tirait ses commissures bien que cela semblait un tantinet faux ; c’était quand la dernière fois Leeloo, que t’as souri pour du vrai ? La fraîcheur de ses voiles sombres apaise les morsures d’un souvenir qui s’érige obstinément contre l’oubli. L’oubli de se battre incessamment. Déposer les armes pour un dîner tout en chaleur. Elle sortit enfin de sa tanière. Claqua la porte derrière elle puis ferma à clé sa demeure. Elle enfuit dans son gilet les clés, avant d’avancer ses mains vers le second sac de course. « Un peu d’aide pour porter? » Qu’elle lui souffle et sans même véritablement attendre une réponse, elle le lui prit. Elle la regarda, en ne disant plus un mot, avant de la suivre. Voilà une brèche qui se créait dans les nuages gris, une embellie du soleil que lui apportait Elinor.

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:07

loup il a brisé son coeur dans la mémoire des coups, des cris perdus dans l'appartement, dans la peur qu'il avait pu lire dans les prunelles de la victime de ses crocs acérés, le tempo de son myocarde qui ne parvenait pas à reprendre un rythme régulier, ses pupilles dilatées qui lui faisaient voir trouble. il ne se contrôlait plus, n'était plus lui-même après cet énervement qui avait dépassé ce qu'il souhaitait. il était blessé l'animal sauvage, il laissait une trainée de sentiments derrière lui, en guise de sang de ses blessures acérées. il pensait qu'à mesure que claquaient les lourdes portes derrière, un poids se dégagerait de sa poitrine. mais rien n'y faisait. mais les litres de colère noir goudron continuaient à l'asphyxier, alors il avait besoin de gueuler, comme si elle était encore devant lui, comme si elle se débattait encore, comme si elle voulait encore à tout prix se défaire de son emprise. il était devenu le souverain des ténèbres et toute sa vision en demeurait obscurcie, ça murmurait au creux de son âme, ça suintait et dégoulinait partout où il explosait son poing dans un mur. l'enfer qui gronde dans les entrailles et tout ce dont il avait envie, c'était d'une trace de coke, cette drogue dont il en était devenu l'esclave. plus possible de s'en passer, des mâchoires serrées à en avoir mal chaque lendemain matin, les joues qui se creusaient de plus en plus. toujours l'air dans le vague, et pas qu'en avoir l'air, il respire le néant loup, quand il y parvient encore, sinon c'est le néant qui l'inspire et il n'a plus de force pour se débattre et s'faire aspirer par les abîmes dont il a, depuis tout petit, toujours essayé de se défaire, de se débattre. mais ce soir, il avait passé un cap. un cap dont il ne savait pas s'il pourrait s'extirper. y avait un orage dans sa cage thoracique qu'il ne parvenait pas à calmer. des palpitations qui détonnent et qui bousculent le silence bien trop pesant du parking ce soir. il ne savait même plus où aller, il ne voulait plus mettre les pieds dans son appartement qui ces derniers temps ne lui avaient causé que du mal, de toute façon, new york, le bronx ne lui avaient apporté que du malheur. boum boum. ça faisait comme des coups de flingue et c'était sa cervelle qui se répandait contre les murs nauséabonds de l'étage quand il avait fini de snifer sa trace. et là y a quelques mots balancés, provenant comme d'un au-delà, une pause salutaire dans sa descente aux enfers, un écho brute à sa violence. "tu veux quoi, la connasse ?" qu'il réplique, sans même reconnaitre la voix qui lui est pourtant familière. et par esprit de contrariété, il se mit à faire encore plus de bruit, parce que ce soir loup n'est plus loup et que ce loup n'a plus ses trente ans, il redevient le gamin qu'a découvert sa mère les bras éclatés dans leur baignoire avec un sillon de sang formant un chemin parallèle. pourtant, c'est le visage de siobhan qui commence à se dessiner dans la pénombre, c'était la nana qu'il avait rencontré quelques mois plus tôt sur le toit. il ne l'avait pas de suite reconnue à cause de son état mais elle eut l'effet de le calmer un minimum. "ouais, c'est moi. tu veux quoi ?"il avait baissé d'un ton, il se sentait mal loup, il se sentait encore plus mal qu'il y a cinq minutes, il éprouvait presque de la culpabilité à son tapage nocturne. à toute la violence qui avait chargé l'établissement d'un mauvais oeil. il s'approcha d'elle. "désolé si j't'ai réveillé." il avait la gueule, les côtes, les poings explosés. un oeil à demi-fermé et l'regard d'un tueur fou. il avait les mâchoires serrées puis il s'rappela qu'elle, elle n'avait rien fait.

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:07

les bruits de ses pas qui résonnent dans son échine, ça faisait vibrer son coeur qui battait de maux, presque inondé. la turbulente tempête rencontrait enfin un havre de paix, un endroit où elle pourrait ranger ses mots emplis d'épines et ses désillusions meurtrières. les désirs noirs qui consumaient sa chair, il se sentait tout cassé loup à force de se cogner contre les gens, contre les murs, contre les meubles.  il a mal et sa souffrance en devenait presque palpable.
il se sentait comme coincé dans une boucle temporelle avec siobhan. la nuit leur appartenait, ils pouvaient faire la cour aux étoiles et aux cieux, ils appartenaient à la même boucle infinie et il n'y avait qu'au petit matin, lorsque le soleil apparaitrait sur la ligne d'horizon, qu'ils pourront vaquer chacun à leurs occupations, comme ils le font chaque jour. là, le temps s'était bloqué, il leur avait offert une brèche, rien que pour eux. comme si personne n'existait à côté. ça aurait pu être si simple. mais rien n'est jamais simple avec loup. depuis tous petits, les enfants ont peur de la nuit noire, des monstres qui se cachent sous le lit et ceux qui sortent des placards. loup, il est tout ça à la fois. mais il a appris que la nuit, ce n'était pas ce que l'on racontait. ça ouvrait des portes, ça attisait les aventures. et ce qui se cache sous l'obscurité, ce soir, il aimerait bien le constater. sous le halo lumineux de la lune, il aimerait bien se confesser. avoir pour une fois l'opportunité d'échouer l'ancre de son coeur sur un port qui serait prêt à l'accueillir, qui ne le ferait pas tanguer ou bien même pire, couler.
il avait un fléau de maux accrochés à la langue. comme de l'essence qui n'attendrait qu'une allumette pour que tout explose enfin. il n'a jamais compris pourquoi il appartenait à ce monde loup, c'est pour ça qu'il n'est jamais sur terre. toujours la tête dans les étoiles et le coeur grenade, le corps comme un oiseau, sautant d'toits en toits. il a toujours été saturnien, il doit être en déficit de sérotonine depuis sa naissance. dans son monde à lui, il y a de la pluie acide qui s'abat pour ronger sa chaire, ronger ses os. pénétrer son épiderme et glacer son sang. il y a des soleils cramés, qui n'réchauffent plus mais brûlent. et une lune qui laisse atrocement souffrir de cette solitude sans fin. parce que quoi qu'il arrive, il a toujours été seul. même quand il pensait que priam serait toujours à ses yeux le frère rêvé, quand il pensait que gala serait sa princesse et qu'il lui construirait un temple, quand il pensait que mado pourrait faire toute la différence, il a toujours été seul. parce que c'est un aimant à emmerdes, c'est un aimant négatif qui fait qu'tout le monde s'éloigne. peut-être qu'il l'a toujours voulu ainsi, aussi.
y avait un spasme qui prit son corps en otage, y avait ses mains qui s'emmêlaient et ça dépliait des tremblements maladroits. depuis quand avait-il eu le droit à tant de douceur de la part de quelqu'un? ses mains posées sur ses joues et ses yeux qui tentèrent de briser le miroir sans teint de ses propres prunelles, celles qui ne parvenaient pas à afficher quelque chose d'autre que sa sauvagerie. "merci... merci siobhan." c'est tout ce qui parvenait à s'extirper de ses lèvres cabossées. il fit surpris de sa main qui vint rencontrer la sienne et finit par la suivre jusqu'à son appartement. et là, c'est la relâche. siobhan lui transmettant tellement de bonté, elle se montrait si réceptive face à son appel à l'aide qu'il ne parvint pas à bloquer plus ses spasmes, une larme coula le long de sa joue, avant qu'une flopée d'autres ne la suivirent. "j'suis vraiment qu'un con...je ne sais pas ce qui m'a pris ce soir je-..." il n'arrivait pas à continuer, là, de suite. y avait encore comme un bouclier qui était monté, qu'il ne parvenait pas à détruire afin que tout sorte.

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:08

Loup qui s'cassait presque dans la paume de ses mains, des petits morceaux qui trébuchent, son temple qui dégringole son coeur en cendres. Ils étaient des soirs mélancoliques, d'ces soirs brouillard dans la nuit. Les yeux embrumés, l'estomac embrouillé. Il s’en souviendra toute sa vie, de cette soirée. De ces cris étouffés, puis tantôt perçants. L’animosité qui prenait possession des corps. Des pas pressés qui remontaient le parking. Les mots écorchés, les maux lacérés. Les vagues à l’âme, les vagues à larmes dans lesquels on se noie, sans avoir pied, sans pouvoir nager. Le bruit de tous ces échos qui se jetaient en lui, comme des vagues contre le rivage, contre les vagues contre les dunes et ça lui faisait avoir des hauts-le-coeur. C’était une flamme qu’il avait gardé bien trop longtemps dans son plexus solaire, qui s’alimentait de mots lancés, d’actions regrettables et de mauvaises unions. Et même s’il se sentait proche du gouffre, coincé près d’un grand précipice ou bien même près d’une fenêtre grande ouverte sans pour autant parvenir à reculer ou même sauter, il songeait. Il songeait que si cet ange salutaire lui était venu en aide ce soir, c’était peut-être pour sauver une partie de son âme, avant qu’elle ne s’échoue lamentablement aux pieds des cerbères des enfers. Siobhan possédait une part de poésie en elle, une part de lumière qui échappait totalement à Loup. Pourtant, y avait toujours ses blessures qui pourrissaient, ça infestait son corps. Mais habituellement il voyait tout en noir et blanc, plus rien n’avait de saveur sur sa langue, plus rien n’avait de bonheur pour ses yeux. Siobhan, avec ses actions solaires, elle coloriait petit à petit sa vision, ça formait des orbes de lumière qui étincelaient presque trop ses iris pas habituées. Ca l'aveuglait. "Cela faisait des lustres que l'on ne s'était plus occupé de moi." Dans sa voix, il y avait une lueur d'espoir qui s'élevait. Il n'avait pas l'habitude qu'on soit aux petits soins avec lui, ça faisait combien d'années qu'on n'avait plus pansé ses plaies et tenter de réparer ce qui restait de son myocarde? Pourtant, il ne voulait pas lui offrir une conversation ponctuée de silences et de monosyllabes, il s'entêtait seuls à choisir les bons mots, il ne voulait pas l'effrayer de ses actions, il ne voulait pas qu'elle s'enfuie et le regarde comme le monstre qu'il était. Non, pour Siobhan, il aurait aimé être un homme bien. Même si il ne la connaissait pas, même si elle lui apparaissait comme étant la parfaite inconnue qui pourrait être la seule amie qu'il n'ait jamais eu durant sa vie. Il aurait aimé être un minimum à la hauteur, sa vie se retrouvait à être divisée en deux parties que l'on mettrait dans une balance aux allures totalement opposées. Mais tout ce qui sortait de ce corps lacéré était des larmes. Des larmes à n'en plus finir, il n'avait pas envie de mettre un voile face à la jeune tatouée, il n'avait pas envie de faire semblant. Alors tiraillé par des oxymores du comportement qu'il devait adopter. Il aimerait juste pouvoir ne pas réfléchir, ne pas avoir constamment deux coups d'avance sur ses faits et gestes, juste se laisser vivre. Mais il est trop difficile d'un homme de vivre lorsqu'il a les deux pieds dans la tombe. Il ne restait plus que la terre à abattre sur son crâne pour qu'il sombre totalement. "T'apparais un peu comme une brèche de paix après ces mois sombres. J'ai...Je n'ai juste pas envie qu'tu t'enfuis." Il ne savait même pas pourquoi. Il n'en avait pas la moindre idée. Le Loup Vesperi du quotidien ne se soucierait pas d'un détail futile comme celui-là. Loup Vesperi n'avait jamais peur de perdre quelqu'un, après avoir déjà perdu l'essentiel qui constituait son être. "J'ai été violent...avec une femme, ce soir. J'étais plus moi-même. J'arrivais plus à me maitriser..." Il mit sa main sur son visage, pour le dissimuler, parce qu'à cet instant précis, maintenant que ces mots s'étaient matérialisés dans la réalité, il n'avait plus envie d'y être. Il n'avait pas envie d'affronter le regard de Siobhan qui se voudrait accusateur d'une telle atrocité.

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:09

Y avait un parfum d’empyreume qui se propageait dans la pièce à cause de ses ailes qui s’calcinaient de plus en plus, à l'ange déchu. Ça puait le cramoisi, ça empestait dans les poumons qui éprouvaient des difficultés à s’emplir d’air et qui commençaient tout doucement à perdre le jeu dans lequel il s’était lui-même enfermé. Et c’était une beauté qui se mourait ce soir dans ce fiel vorace, ce tricoteur de mots morbides assassins des battants qui pourtant tentaient de tenir le coup. Il avait juste envie d’attraper la main de Siobhan et de la serrer fort, fort, fort de peur qu’elle ne s’évapore en volutes dans la pièce. Il ne voulait pas qu’elle le quitte ce soir. Il avait besoin d’elle comme il n’avait jamais eu besoin de quelqu’un d’autre. Il s’était soudainement approché de trop près de quelque chose dont il avait toujours eu une distance mesurée et favorable et c’est le rongement des organes qui se mettait dès lors en place.  Loup s’était provoqué en duel il y a de cela des années, il y avait une guerre civile contre lui-même et il attendait juste de crever au front. Il avait juste secrètement besoin d’un armistice au goût sucré. Il était semblable à un enfant aux côtés de Sio, ce soir. Il se livrait. Il ne se retenait maintenant plus. De l'image qu’il avait mis tant d’années à construire, des briques qu’il avait mis tant de temps à assembler pour former un mur dans lequel s’enfermer et surtout, se protéger d’autrui. Sauf qu’à force, il n’a récolté que sa folie à vouloir s’extraire de la sorte et ce qu’il n’avait toujours pas compris, c’est ce que c’est lui qu’il fuyait depuis ces années gâchées et écourtées, c’est le monstre qui avait pris possession de son corps. Pendant qu’il était parti, il voulait faire un vide-grenier et balancer toutes les querelles, les mauvaises passes, les souvenirs douloureux d’son coeur et en revenant, c’était fini. Il ne pouvait tout simplement plus être. Sa seule envie, sur le moment, (bien qu’elle lui paraissait un tantinet idiote), c’était d’offrir une partie de lui-même, quelques bribes, quelques fragments qui s’émiettent, à quelqu’un qu’il ne connaissait pas plus que ça. Et il jugeait que la tatouée était la femme parfaite face à ses confessions. Il ne voulait pas la faire replonger dans des souvenirs qu’elle aurait préféré fuir, il ne voulait pas non plus la faire revivre des choses qu’elle aurait préféré mettre au placard, mais il voulait juste un partage. Il ne fait pas parti de ceux qui parviennent à partager des baisers au goût de miel, Loup. Il fait parti de ceux qui savent faire la guerre. Se bagarrer. Vomir avant d’boire. Halluciner avant d’se droguer. Il était comme un chien errant, toujours dans les bars à noyer son désespoir dans les verres et vendre ses dragées comme le fangeux dealer qu’il est. Briser des vies autant qu’il est brisé si pas pire, parce que Loup n’a jamais eu besoin d’argent. Juste d’intérêt réel. Bien qu’il s’en cachait bien. Gala ne le comprenait pas. Dans le fond, elle ne l’avait jamais compris ou bien même juste cherché. Elle était une enfant pourrie gâtée jusqu’à la moelle et de surcroit, une égoïste. Il avait toujours du faire face à ses démons seules et à part le fuir, elle ne savait rien faire d’autre. Rien qu’à cette pensée, il contracta son poing contre sa cuisse. "Je ne sais pas ce qui me prend, je ne sais pas ce que je branle dans ma vie tu vois ? Tu sais... Je- je- ma mère, elle me manque. J'l'ai jamais dit à personne. Je sais même pas pourquoi j'balance ça...Enfin, rien. Laisse. "(J'comprends pas pourquoi j'me déteste autant, j'sais que c'est pas de ma faute si elle est morte. J'sais pas pourquoi j'en veux au monde entier aussi, aux femmes. Parce que j'ai peur qu'elles m'abandonnent. Comme elle. J'ai plus envie de ça, j'ai plus envie d'me battre contre le vent. J'ai plus envie de rien, en fait. Juste de me reposer. C'est fatiguant. J'suis à bout. A bout de force. Au bout du rouleau. Au bout d'ma vie. On fait comment Siobhan, on fait comment ?) Y avait ses mots qui s’extirpaient de sa gorge sans qu’il ne puisse rien faire…ça déferlait, ça sortait, ça dégueulait de partout, ça tapissait les murs, il était maintenant pris d’émotions épuisées, et ses larmes ne trouvaient même plus la force non plus que de rouler d’elles-mêmes alors il cessa. Il cessa, voulut se ressaisir. Il voulait juste qu’on le répare, il en était certain, c’était possible. Il ne voulait pas perdre l’espoir qu’il était fini, que l’on ne puisse plus rien faire pour lui…il trouvait ça juste impossible, il aimerait que Siobhan trouve du mercurochrome, qu’elle en badigeonne son coeur souffrant, son cerveau rempli de plomb qui l’poussait constamment dans les bas-fonds, qu’elle lui mette un pansement sur l’intégralité de son corps. La pluie s’abattait encore dans son coeur. Ce soir, il passait d’un extrême à un autre mais il sentait que ça lui faisait du bien. Il ne s’était jamais senti aussi vivant. Jamais. Il lui conta quelques anecdotes, il lui déballa sa soirée, le fait que Mado ait couché avec son meilleur ami et que c'eut été l'élément déclencheur. Il n'avait pas compris pourquoi ça l'avait mis autant en pétard mais parfois, il suffit d'un bête truc et c'est parti. "Sio ? J'peux te prendre dans mes bras ?"

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:10

La maman de Loup lui disait quand il était petit que les battements de son cœur, c’était les murmures des personnes qu’il aimait qui habitaient dedans. Pourtant, ce soir et comme beaucoup d’autres, c’était une pluie acide qui s’abattait dedans. Ça rongeait les parois, les cavités internes. Comme une marée haute qui n’épargnait rien sur son passage, qui emportait tout. Le doudou d’une enfant oublié sur la plage, une habitation de personnes démunies, le sourire de la lune qu’on a jamais pu décrocher. "Je veux bien. T'as un lit assez grand j'espère ? Parce que je prends beaucoup de place." Il était fatigué Loup. Éreinté. Il avait même du mal à garder encore son corps debout et ses yeux grands ouverts. Ce n’était pas dans ses habitudes de se confesser. De témoigner à quelqu’un tout ce qui le pesait. De faire assez confiance à quelqu'un pour ça, du moins. "Ça te dérange si on va dormir ?" Sa nuit allait s’écouler sur une couche de douleur. De la douleur mais qui possédait une pointe de couleur ce soir, grâce à Siobhan. Elle serait sa couverture vêtue d’une douce obscurité qui le protégerait de son mal, de ses démons, de ce monde qui l’oppresse. Mais Loup qui, pour une faible pause, pourra respirer. Un sourire effleura même presque ses lèvres. 
Et c’était ça, le plus beau. 
Une fois allongé, le tee-shirt et le jean enlevés, il poussa un long soupir. Comme s’il était sauvé. De quoi, il ne savait pas. Mais ça lui faisait du bien. Il enroula Siobhan de ses bras, posa son menton contre son dos délicatement avant de fermer les yeux. 

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:12

y a des abysses obscurs et glacés, emplis d’ombre hostiles et où chaque seconde demeure une asphyxie qui tire à sa fin, insoupçonnable et devenant insoutenable. y a la soirée qui rougit au sang noir des entrailles, y a les mâchoires qui se crispent aux souvenirs de paroles poignantes. (t’as déguisé tes mots de couteaux, laisse-moi maintenant t’égorger avec et te laisser avec tes maux qui s’déverseront sur le carrelage, ça formera un grand fleuve qui s’jettera sur la mer et avec un peu de chance, tu mourras noyée dedans) et l’encre des mots coulera autant que le sang qui giclera (tu n’imagines pas à quel point j’ai envie d’observer mes doigts étrangler ton si joli cou) et loup il f’sait volte-face, le dernier message était de trop, mado envoyait des fusées, envoyait des claques qui piquaient mais qui réveillaient d’une douche froide (ah oui je suis peut-être un pigeon mais ce soir c’est toi qui vas boire le cyanure) y a loup qui voit rouge et y a toujours eu la lumière qui n’éclairait que pour le contrepoids de l’ombre et là l’ombre compte dévorer la lumière, mado qui n’verra plus jamais le jour, et il serrait très fort son poing et il l’envoyait valser contre le mur. pourtant ils auraient pu danser et sourire comme des cons mais là tout ce qu’ils auront c’est une marche funeste ; loup c’est la larme du poison, mado celle qui balance le venin, loup c’est l’napalm qui s’accroche à l’épiderme et mado c’est l’briquet qui fera tout péter, loup c’est la maladie qui frappe furtive, mado c’est la faucheuse déguisée en nymphe affriolante. ils seront un soleil noir d’orage, des nuages remplis d’acide au cœur des corps, des océans tumultueux qui s’font noyer les nageurs et même ceux qu’ont pas peur. y a les mots qui font des plaies au silence (et toi ce sont des plaies au corps que t’auras) loup avait les yeux brûlants, il fixait le désert, il s’levait d’un coup sec, claqua la porte de chez gala, il espérait que c’eut été la tête de mado, c'en n’était rien, la flamme animant son regard, la mèche qui brûle fixe et claire, la porte qui s’ouvre, il cherche la proie qu’il avait envie de pourchasser, y a mado juste en face, y a le silence qui résonne un peu trop nerveusement, son souffle amer qui moule son visage, ses messages en barbelés qui égratignent la patience et loup s’effrite d’énervement, (y a des soirs altéré qui ne prévoient pas l’aurore, tu sais que tu n’vas pas t’en sortir hein ?) il glisse ses doigts sur son cou comme rêvé, il la plaque au mur et hésite même à la soulever, songe quelques instants à la jolie marque que ses doigts laisseront sur son épiderme, ça lui donne envie d’appuyer plus fort « t’avais raison sur une chose, j’suis plus taré que toi » il rigole quelque peu, un rire sorti d’une autre monde, ce n’était plus loup, c’était l’animal qui avait pris le dessus, avec les prunelles noires, le myocarde qui s’était tellement rétréci tant il avait souffert, il avait fondu avec le volcan qu’il était devenu, maintenant c’était la lave mortelle qui se répandait, cramant l’épiderme de mado sur son passage « je t’avais dit que tu fermerais ta gueule, c’est difficile de déverser sa haine maintenant, hein vipère ? » mado qui devenait rouge, l’excitation qui brûlait les entrailles de loup qui n’avait plus envie de cesser sa descente aux enfers.

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:12

ce soir c’était un ciel fragile avec des étoiles de verre et le cœur en lambeaux dans lequel il fait hiver, t’entends encore les échos de tes paroles sordides ? les mots qui dissolvent un peu l’âme même si elle est déjà vendue au diable ? les mots-blizzard, les mots-connards? être un fangeux homme, il l’était sans aucun doute ; parce que finalement, quel con en irait jusqu’aux mains avec une femme ? mais celle-là, elle était hargneuse, elle inspirait l’énervement, n'appelait qu’à la destruction ; en déchirement, elle n’était qu’une chute libre. une chute libre dans laquelle loup vient se lover, pratique le saut. les flots de paroles enrôleurs qui se logeaient dans la misère et continuait sa guerre de terreur. maux taillés dans la pierre, souffles, traversées souterraines dans l’épiderme, dans la poussière de l’ignorance. dans la prison de sa bouche fleurit l’écorchement de sa langue râpeuse (respire et accepte ce manque d’air que je t’étouffe de ce souffle unique). la tempête au-dessus des crânes qui s’abat à leurs pieds, des entailles au ciel troué, terre craquelée et ces myriades d’étoiles déchues qui s’acharnent, qui rampent vers eux avec des cadeaux d’l’enfer. et y a loup qui prend son pied, qui prend son pied de la voir souffrir cette salope, elle s’éteindra dans le crépuscule du soir, n’pourra plus réclamer ses chanels, y a ses regards qui dégoulinent sur sa chair abîmée et sur son corps plastique, il insère son poing, comme il aurait souhaité le faire déjà tout à l’heure dans le mur, comme il a l’occasion maintenant de cogner et de se délecter de ses cris, de se délecter de sa douleur qui deviendrait presque palpable dans la pièce, ça transcendera ses sens, ça l’élèvera, c’est tout juste si de la voir plaquée agonisante contre le mur ça ne lui donne pas envie de la baiser en prime parce que de toute façon, elle aimerait ça, la violence et la baise ce sont ses crédos, elle est où la coke qu’on intensifie un peu la bête en rute ? elle est ce fauve qui se débat, qui tente d’accaparer les âmes cette sylphide qu’il avait envie de dévorer. il veut voir des larmes sans saveur et il veut lire dans ses yeux la terreur et la pute joue le coup facile, le seul coup qu'il lui permettait de se dégager de cette étreinte passionnée, remplie de feu. son toucher aux doigts lui manqua presque aussitôt, il avait envie de lui faire tellement mal (ou peut-être juste de lui faire l’amour), les bourses atteintes, le cri strident qui retentit mais avec presque un sourire en coin (il était temps, j’avais peur que tu ne sois pas digne de ta réputation), ça donne des douleurs lancinantes qui remontent jusqu’à sa colonne vertébrale mais, le loup momentanément affaibli, redoublera d’efforts, aiguise juste un peu mieux ses crocs, attend l’occasion. "alors comme ça jsuis une grosse pute moi ? hein ?!"il n’eut pas le temps d'acquiescer qu’un coup de batte de baseball partit dans son épaule, y a le cri strident, y a surtout loup qui rigole moins, parce que ça a fait cric et peut-être même crac et qu’il s’imagine que les mâchoires de mado feront le même bruit à un moment, « tu vas payer, cher, très cher » un deuxième coup qui heurte le front et là c’est la panique, c’est comme une overdose de cocaïne mais en moins plaisant, y a l’hémoglobine qui entache sa vue, y a les petits oiseaux qui font leur danse autour de sa tête et c’est sonné qu’il tente de se relever, "allez lève-toi grosse merde ! lève-toi je t'attends ! LÈVE-TOI PUTAIN !" loup qui éclate de rire à nouveau, quand mado crie, déverse sa rage (putain t’es mignonne quand tu t’énerves) y a les larmes de rage qui sortent, qui coulent, viennent se cogner contre l’oval de ses joues, loup en serait presque touché mais ça lui donnait juste envie d’appuyer sur la plaie en prime, qu’elle souffre, que ça purule et qu’elle en soit brisée, "tu ne me touches pas t'as compris ? pourriture ! heureusement c’est l’épaule gauche, heureusement loup a la présence d’esprit de lui balancer un coup de pied perpendiculaire dans ses jambes, espérant en casser une sur le coup, avant qu’elle ne percute le sol à son tour, « t’aurais pu te claquer la tête en même temps connasse » qu’il lui balance, n’ayant le plaisir que d’observer une chute banale, lui il voulait du sacré, il voulait de l’original, il voulait quelque chose dont il se souviendrait toute sa vie. loup qui peut enfin se révéler, qui vient la neutraliser, s’asseoir sur elle pour la bloquer (tu peux plus bouger tu t’sens coincée hein ?) faire comme un rat, il fallait arracher les termes comme des pansements ; arrachement bref, sec, bonne brûlure. loup il oublia qu’il existait des choses à côtés, une horizon. y avait peut-être les voisins qui appelaient les flics qu’il n’en savait rien, il ne voyait que mado, rien qu’elle, elle qui était si désireuse de cette situation, loup qui n’aurait d’yeux que pour elle, nous y sommes enfin n’est-ce pas ? tu n’aurais peut-être pas espérer de la sorte, mais là je n’ai envie de toucher que toi. il lui envoya un poing dans l’estomac, ou peut-être deux avant d’arracher son tee-shirt, qu’il lui avait acheté, et de l’insérer dans sa bouche. « je t’avais dit que je te bâillonnerai… » il serrait fort ses genoux contre sa taille, pour lui faire mal, pour qu’elle ne puisse pas disparaître du grand méchant loup, il vint déposer ses lèvres dans son cou, il vint aspirer quelque peu la peau, parfois mordiller, tandis que mado se débattait. « comment ça je ne peux pas te toucher ? t’es pas une prostituée que j’ai ramassé dans la rue peut-être ? t’étais pas entrain de te faire battre déjà ? il avait tout compris le vieux pervers …» il lui remit un coup bien fort dans l’estomac, la regardant bien dans les yeux et la forçant à garder son visage face à lui, afin qu’elle aussi, le regarde droit dans les yeux. « t’avais refusé de le sucer hein ? ou tu l’emmerdais trop lui aussi à lui quémander des trucs et à faire ta diva à rester le cul vautré dans la télévision ? t’es qu’une merde mado, tu ne sers à rien, tu sais même pas faire la cuisine ni le ménage. » il se met debout, près d’elle, la laissant un peu respirer, hésitant quelques instants à prendre la relève avec la batte de baseball mais se dit que ça irait trop vite, qu’il avait envie de savourer le spectacle jusqu'à son déclin, qu’il noierait le soleil ce soir alors il se mit juste à balancer des coups de pied dans ses côtes, espérant en briser une ou deux.

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Message par Admin le Mer 9 Aoû - 7:13

loup était devenu le noir dont les enfants avaient peur, le mur trop haut sur lequel on n'ose pas s’aventurer, le poison qui s’insuffle douloureusement dans les veines et le bourreau de mado. jamais auparavant il ne s’était montré comme ça, jamais il n’aurait osé lever la main sur une femme et pourtant c’était bien ses coups qui fusaient, qui ne parvenaient pas à trouver son apogée. la lave du volcan ne faisait que monter, le feu et les cendres de son cœur qui ne faisaient que le consumer et ses pupilles dilatées qui ne démontraient que sa perte de contrôle. même le ciel et les étoiles s’en moquaient de leur sort, ils s’étaient soumis, ils ne les regardaient plus. il n’y avait plus qu’eux dans ce décor glaçant, dans ces actions menaçantes. il n’y avait plus rien. que des corps qui voulaient se dire adieu, des couches de peau qui pourtant voulaient se trouver, se toucher. la chair qui ne voulait former qu’un. deux pièces de puzzle qui pourtant ne pourraient jamais s’emboîter. 
y avait le tempo de leurs myocardes qui ne voulait plus se réguler, que se confondre dans le bruit assourdissant des coups perdus. le battant qui remuait sans cesse sous les coups, explosant leur manœuvre psychédélique, tambourinant entre les côtés comme pour s’arracher de cet épiderme moisi qui ne le reflétait pas, qui était factice. les petits cris qui écorchaient le silence, qui ne souhaitaient pas lui laisser place. loup il aimerait s’noyer dans des nuages de voie lactée, il aimerait s’ramasser une météore en pleine gueule et qu’ça lui fasse des cratères dans le cerveau pour qu’il se rende compte, qu’il s'rende compte que la fleur fanée qu’il tenait entre les doigts il l’aimait, quelque part. même si c’était enfoui, qu’il ne l’avouerait sans doute jamais parce que loup il a la corde au cou, les poings liés. son cœur qui tangue pour sa jolie brune et qui pourtant se rappelle à la vaporeuse sylphide qui partageait ses couvertures et ses pieds froids tard la nuit qui venait de glisser contre ses jambes. pourtant, cette femme était chargée de rage dans ses morsures et ce soir ce n’était pas elle qui déversait le venin. mado était devenue en peu de temps le centre de son âme, mais loup il avait l’âme errante alors souvent, il ne la retrouvait pas. elle était perdue dans les abîmes de son être et il ne daignait pas vouloir la récupérer. pas elle. néanmoins son regard brûlait quand il posait ses prunelles sur elle.
elle ôta le bâillon de sa bouche et n’en sortit de celle-ci que de l’hémoglobine. elle aurait pu vomir ses mots, des maux acrimonieux mérites, elle n’en faisait rien. elle se terrait entre des murs qu’il ne pouvait traverser. la nuit était battue à mort et ils se suffisaient en elle. il s’était assis à côté d’elle, avait porté une cigarette à ses lèvres. il avait la crainte qu’en l’allumant ils n’explosent avec elle. en millions de particules qui se seraient dispersés dans la pièce. ultime tombeau dans lequel ils auraient dû finir. dans lequel elle aurait dû finir. c’était comme un film en noir et blanc, tout avait terni, tout était délavé. loup il aurait voulu tout remettre en couleur mais il n'était pas bon pour cela. il n’était bon que pour vivre dans l’obscur, avec son esprit sombre et ses rêves éteints. y avait plus de lumière pour l’éclairer, y avait qu’un soleil noir et des orages tristes. des mots-incendies et des poignards-grenade. pourtant, il parvenait très difficilement à s’arrêter. à cesser toute violence. elle avait démarré la guerre et il se trouvait que loup était un très bon guerrier. qui détestait perdre de surcroît. 
la situation lui apparaissait comme délicieuse. il était empli de contradictions en tous genres, il se délectait pourtant de cette mado qui tentait d’échapper à son bourreau en dissimulant sa poitrine sous ses bras malingres. des derniers coups de pieds vinrent percuter la femme aux allures de spectre mais il n’avait pas envie d’en finir. pas avec comme résultat l’horrible fin. la mort est cette pesanteur rythmée qui nous oblige à nous poser au sol. peut-être même à nous enterrer directement. afin que l’on échappe à la terreur du vivant…la vie enfante la mort. la mort enfante-t-elle la vie également? ou n’est-ce que le moment imprécis, indécis? et juste cela? il n’y avait plus d’horizon présentement, il n’y avait plus cette ligne droite qui les traversait et les maintenant éloignés. loup se rapprocha. il attrapa sa main. il avait envie de souffler 'pourquoi t'as fait tout ça ?', lui montrer qu’il l’avait blessé mais il ne se sentait pas en bonne posture que pour oser lui affliger cela comme cerise sur le gâteau. alors il se contenta de garder sa main entre ses paumes et il balançait son regard dans le vide puisque même lui ne lui était plus cher à présent.

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